Communiqué | Audiovisuel public et création : la menace est claire, la riposte doit l’être aussi

Le 3 novembre 2026

AUDIOVISUEL PUBLIC ET CRÉATION : LA MENACE EST CLAIRE, LA RIPOSTE DOIT L’ÊTRE AUSSI

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », rendu public le 5 mai 2026 sous la plume du député d’extrême droite Charles Alloncle, a ouvert une séquence inédite de mise en cause du service public de l’audiovisuel. Le constat est sans appel : l’audiovisuel public, avec le CNC et, plus largement, l’ensemble du secteur culturel, est une cible clairement désignée par l’extrême droite. Cette offensive idéologique s’ajoute à une cure d’austérité budgétaire sévère qui affaiblit durablement un secteur déjà fragilisé.

Une attaque frontale contre la souveraineté culturelle

Le service public de l’audiovisuel est l’un des derniers remparts garantissant l’accès de toutes et tous à une information libre, à la création, à la mémoire collective et au débat démocratique. Qu’il s’agisse de privatisation pure et simple, ou d’une simple réduction du périmètre et des moyens du service public, l’effet destructeur serait identique.

Canal+ : la création documentaire au bord du précipice

Les signaux d’alerte augmentent et les entraves à la liberté de création se multiplient également au sein des chaînes privées. Le retrait des chaînes Histoire TV, TV Breizh et Ushuaïa TV des offres Canal+, effectif depuis le 30 juin 2026, illustre la fragilité croissante de l’écosystème documentaire. Si les chaînes demeurent accessibles chez les autres diffuseurs (Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom, etc.), leurs investissements sont gelés jusqu’à nouvel ordre. Conséquence directe : les projets en cours restent en attente et c’est tout le processus de création des auteur.ices-réalisateur.ices qui se trouve ralenti, asphyxié, compromis. Chaque mois de gel, ce sont des œuvres qui ne se financent pas, des entreprises et des professionnelles coupé·es dans leur élan, un patrimoine qui ne se constituera pas.

Face à cette menace idéologique et budgétaire, nous appelons le Gouvernement et le Parlement à :

  • Rejeter toute perspective de réduction du périmètre et des moyens du service public de l’audiovisuel ;
  • Inscrire le budget de l’audiovisuel public et les moyens du CNC dans la loi de finances 2027 à la hauteur de leurs missions, et non en variables d’ajustement ;
  • Garantir l’indépendance éditoriale et financière du service public à l’égard des pouvoirs politiques et économiques ;
  • Soutenir la création documentaire et sécuriser son financement et sa diffusion sur toutes les plateformes ;

L’audiovisuel public n’est pas un coût, c’est un investissement. Le moment est venu de le défendre, tel qu’il est, et de le renforcer.

Les membres de La Boucle Documentaire