Projection « Sinon nous sommes perdus » de Jean-Louis Dubois-Chabert – Séance CINÉRÉSEAUX # 89

Le documentaire de Jean-Louis Dubois-ChabertSinon nous sommes perdus (Court-Jus Production) est programmé le mardi 9 juin à 20h30 au cinéma Jean Eustache de Pessac (33), dans le cadre des séances Cinéréseaux.

Projection suivie d’une discussion avec le réalisateur.

Sinon nous sommes perdus de Jean-Louis Dubois-Chabert
52’ / Documentaire / Court-jus production, Caroline Chassaing / 2024 / France

Synopsis : Khaya voudrait faire sortir de l’anonymat les gens qui ont sauvé ses parents de la déportation. Sans cesser d’assouvir sa passion pour la danse, elle continue de se démener auprès des étrangers sans papiers.

Les parents de Khaya doivent leur survie pendant la Seconde Guerre mondiale à la solidarité et la complicité de Français sans histoire. En juillet 1942, ils sont prévenus de l’imminence de la rafle du Vel’ d’hiv par un voisin et l’année suivante, alors que la France est totalement occupée, une famille de la Vienne va les cacher jusqu’à la fin de la guerre.
Quatre vingts ans plus tard, Khaya met toute son énergie à faire reconnaître ces gens ordinaires comme Justes parmi les Nations. La chorégraphie qu’elle travaille depuis des années avec des amies danseuses sur la fuite, l’exil, l’errance et l’accueil des étrangers sans-papiers à qui elle pense devoir entraide et soutien sans conditions, entre en résonance saisissante avec son histoire familiale.
« Parce que si nous ne tendons pas la main à l’autre, nous sommes perdus ».

Le réalisateur dresse un pont de solidarité entre la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui, où les discours de rejet de l’étranger, bouc émissaire facile de tous nos maux, trouvent un écho permanent dans les media et infusent notre société. Si la parole et les images d’archives tiennent le récit du film, c’est à la danse qu’est confié le rôle de fil conducteur.

« Parce Khaya a toujours dansé. Parce qu’à leur manière ses
parents ont dansé leur vie, parfois au bord des précipices. Parce que la danse est la métaphore de la vie ». Hommage à Pina Bausch…

Sinon nous sommes perdus nous invite à nous interroger tout autant sur la condition d’immigré, de réfugié que sur nos propres histoires d’exil. Le film explore plusieurs pistes : celle du mouvement forcé, celle du mouvement qui sauve, celle du mouvement dansé. Et tous se mêlent en une évidence. Avec ce film, le Jean-Louis Dubois-Chabert prône l’obligation à l’espoir.